13 Août Inégalité de longueur des membres inférieurs (ILMI) : comment la diagnostiquer
L’inégalité de longueur des membres inférieurs (ILMI) désigne une différence mesurable entre la longueur des deux jambes. Elle peut être présente dès la naissance, auquel cas elle est dite congénitale, ou apparaître plus tard à la suite d’une blessure, d’une infection, d’une atteinte du cartilage de croissance, d’une intervention chirurgicale ou de certaines affections neuromusculaires et osseuses. Même une faible différence peut, avec le temps, avoir une incidence sur la démarche, la posture et l’usure des articulations. Un diagnostic précis constitue donc la première étape, et la plus importante.
Le diagnostic commence habituellement par un examen physique. Le médecin observe la posture debout, vérifie l’alignement du bassin et des épaules, puis peut placer sous la jambe la plus courte une série de blocs de hauteur graduée pendant que le patient se tient debout afin d’estimer l’importance de l’inégalité. Il évalue également la démarche, car les patients développent souvent des mécanismes de compensation : marcher sur la pointe du pied du côté le plus court, fléchir le genou opposé, relever la hanche ou incliner le bassin.
L’examen physique fournit une estimation, mais une mesure précise nécessite de l’imagerie. Une radiographie en charge de toute la longueur des membres inférieurs, du bassin jusqu’aux orteils, parfois appelée scanogramme, ou une imagerie EOS permet au chirurgien de mesurer au millimètre près la longueur du fémur et du tibia de chaque côté. Elle permet aussi de déterminer exactement l’origine de l’inégalité, un renseignement essentiel puisque le raccourcissement du fémur ne se traite pas de la même façon que celui du tibia.
Chez l’enfant, les médecins évaluent également le potentiel de croissance restant à partir de l’âge osseux et de l’état des cartilages de croissance. En effet, une inégalité qui paraît faible au moment de l’évaluation peut s’accentuer à mesure que l’enfant grandit si elle n’est pas prise en charge. Chez l’adulte, l’attention se porte plutôt sur ses répercussions actuelles. Les douleurs au dos, à la hanche ou au genou, ainsi que l’usure asymétrique des articulations, comptent parmi les raisons fréquentes pour lesquelles une ILMI est évaluée plus tard dans la vie, même si elle n’a jamais été diagnostiquée pendant l’enfance. En règle générale, une inégalité de 2 cm ou plus est considérée comme suffisamment importante pour justifier une intervention chirurgicale.
Un diagnostic précis fondé sur l’imagerie est essentiel, puisque les options de traitement vont d’une simple compensation dans la chaussure pour une faible différence à une correction chirurgicale pour une inégalité plus marquée. Le choix approprié repose entièrement sur des mesures exactes, et non sur une impression visuelle.
Cet article est fourni à des fins d’information générale seulement et ne constitue pas un avis médical. L’anatomie, les objectifs et le plan de traitement varient d’une personne à l’autre. Veuillez consulter un chirurgien orthopédiste qualifié afin de déterminer si l’une des interventions décrites ici pourrait vous convenir.